A lire et à dire

Notes de lecture sur les romans de la rentrée ou sur les hasards des livres...et leurs croisements avec le cinéma et la peinture.

14 décembre 2008

La chorale des maîtres bouchers de Louise Erdrich

carte_du_Dakota_du_NordMaster Butchers Singing Club

Roman épique des plaines américaines, ce roman foisonne de thèmes qui touchent les hommes du XX° siècle. L’immigration, les guerres mondiales et l’affrontement des peuples, mais aussi des thèmes plus universels  comme la filiation, le secret, la mort, le souvenir.

Fidelis a fait la première guerre mondiale du côté allemand, il émigre aux USA et s’installe à Argus, petite ville du Dakota du Nord, plaines immenses, froides mais arides, pour commencer une vie américaine avec des enfants qui par les hasards de la vie feront à leur tour la deuxième guerre mondiale en s’affrontant.

Le hasard, encore lui, unit les deux vies de Fidelis et Delphine. Le roman tisse ainsi de fines relations entre les habitants d’Argus. Rien que de très banal mais bouleversant : on apprend en toutes fin qui est la mère de Delphine, Franz le fils ainé de Fidélis n’est pas vraiment son fils, des personnages secondaires s’avèrent essentiels au fil du récit…

Evidentes analogies avec le Dalva de Jim Harrisson, la présence de la culture indienne dans ce monde de petits blancs, évoquée au hasard des pages comme une influence furtive. Au détour d’une histoire, racontée par bribes par le vieil ivrogne incohérent, on tombe sur le massacre de Wounded Knee ; l’amant équilibriste de Delphine ne dit pas qu’il est indien mais se trouble quand on les moque…

Pourquoi la chorale ? En effet des liens sociaux trés forts se tissent à Argus à travers la musique, rencontre des cultures américaines et allemandes dans le choix des répertoires et la partage de la bière. La chorale n’a pas d’importance narrative, mais elle est là comme un fil qui relie les époques et les habitants. Elle est née de la tradition de la ville allemande dont Fidelis est originaire, et où le roman se termine en 1954, par un concert de réconciliation qui permet d’expurger toute la fureur et la noirceur des périodes passées.

La bio de Louise Erdrich

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06 septembre 2008

Jules Valles, l'insurgé

JULES_VALLES_PAR_COURBETJules Valles, journaliste, révolutionnaire, a écrit trois livres majeurs ; l'enfant, le bachelier, l'insurgé.
Ecrit pendant son exil à Londres après l'écrasement de la Commune, l'insurgé décrit la période qui précède la guerre de 1870, l'oppression du régime libéral bonapartiste, le siège de Paris par les prussiens et les tergiversations des républicains, Gambetta, Favre, Ferry, devenus eux aussi les ennemis des révolutionnaires parisiens, puis l'éphémère période de la commune, du moins la prise de l'hôtel de ville en mars et la dernière semaine "sanglante", fin mai 1871.
Partial, brutal, mais fulgurant par son style, l'insurgé garde aujourd'hui une force réelle. D'autres communeux ont écrit sur la Commune, citons Jules Andrieu (Notes pour servir à l'histoire de la Commune de Paris en 1871), et Prosper Olivier Lissagaray (histoire de la commune). Mais l'insurgé n'est pas un livre d'histoire, c'est un récit au jour le jour, écrit 5 ou 10 ans après, où tous les personnages sont réels, sous leur nom (seul Jules Valles se renomme Jacques Vingtras). A lire sous plusieurs angles, comme si c'était un reportage sur le terrain. Mais aussi manière de visiter Paris du XIX° siècle avec l' importance des quartiers populaires de l'est. Lecture politique bien sûr ou les antagonismes ont laissé aujourd'hui encore des traces récurrentes. Et angle purement littéraire, la vivacité du texte annonce parfois LF Céline.
Tardi a réalisé un bel hommage à Valles avec sa trilogie "le cri du peuple", référence au titre du journal de Valles pendant la Commune.
La société des amis de Jules valles est une source d'information vivante  : http://pagesperso-orange.fr/jules.valles/

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16 mars 2008

LE FANTOME DE L'ABBE POLLEUX

Patrice_Qu_r_el_abb__PolleuxOrganisant une célébration au cimetière monumental sur la tombe de Louis Polleux, vicaire de Saint Maclou dans la deuxième moitié du XIX° siècle, l'indispensable Patrice Quéréel nous rappelle quelques rouenneries fort utiles :

1-un fantôme est une maquette précédant une statue. C'est l'objet blanc de la photo, qui représente la silhouette manquante.

2-le mot tronc a deux sens : humain et pécunier.

3-la bonté, l'excellence de l'abbé Polleux méritent hommage et souvenir et la quête du passé s'avère inépuisable et rien n'existe sur Internet à son sujet.

Louis, Antoine, Félix Polleux, né le 21 août 1821 et mort le 8 mai 1885 était Vicaire de Saint-Ouen, curé de Saint-Maclou (1871)

Cimetière monumental de Rouen, POLLEUX (I2-3), 110

Voir Paris Normandie

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14 octobre 2007

HUITRES

Quelle est la durée de la vie des huîtres ?

C’est encore un mystère ! D’abord peu d’huîtres meurent de vieillesse.

Et celles là meurent inconnues.

J’adore ces phrases du dictionnaire de cuisine d’ Alexandre Dumas. Humour et raisons de vivre et déguster.

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