la rentrée littéraire a eu lieu et encore une fois pléthore de romans, merci à l' Armitière de nous aiguiller dans ce maquis. Le concours des lecteurs a repris. Il consiste à lire 8 livres prêtés par la librairie, participer à des débats puis à un vote pour désigner le préféré des lecteurs. Jouons le jeu et à travers ces quelques notes de lecture, partageons les plaisirs des livres découverts.

La_Donation_Florence_NoivilleLa signature chez le notaire d’un acte de donation des biens des parents aux enfants est le révélateur /fixateur de la douleur d’être l’ enfant d’une mère maniaco dépressive. Victime et bourreau, la mère souffre de PMD (psychose maniaco dépressive) qui dévore la moitié d’une vie et pourrit celle des proches.

Mais nous, nous ne sommes pas victimes mais profitons de ce récit. Voici en vrac, les moments de plaisir littéraire qui pour moi émaillent le livre :

Pour cette enfant, dont la mère se perd cycliquement, la maladie c’est l’abandon. Sonate d’ Automne de Bergmann comme représentation du conflit mère fille, le sourire « poli, figé » d’Ingrid Bergman comme symbole.

Très beau texte semé d’allitérations, de formes poétiques :

« Un dessin qu’un enfant tend à sa mère, quêtant désespérément son approbation »

« la donation…avec toutes ses variations ; l’abandon, le don, le pardon »

« je tordais en tous sens l’anse de mon sac »

« Enfance/insouciance, rime pauvre et paresseuse. Calamiteuse. Avec toute la conscience de mes limites. »

Des jeux de mots, sans parler des mots sur le je

-parsemé dans un des derniers chapitres : la dose létale, étale la mère, la mer étale.

-le vocabulaire du notaire :

-donation entre vifs…

-survivant des donataires et décès du prémourant,

-le moment où seront réconciliés l’usufruit et la nue propriété, c’est à dire la mort des parents, entrainera la jouissance des enfants,

-une donation qui te transforme en nue propriétaire…

La métaphore de l’ agapanthe. L’agapanthe, plante de l’amour (agapé en grec), est une plante à rhizome, l’enchevêtrement des racines conduit parfois à l’étouffement. Un coup de bêche tranche cet amas et permet aux fleurs de s’épanouir.

Belle littérature.

Ce dimanche sur France Musique, Florence Noiville, épouse de Martin Hirsch, est l'invitée d'Emmanuel Davidenkoff, elle parle beaucoup de musique et nous donne à entendre le Stabat Mater de Francis Poulenc, par Régine Crespin, comme illustration de son goût que je ne peux que partager pour la musique chorale.

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Florence Noiville : sur http://www.ricochet-jeunes.org/auteur.asp?id=12941