claesz_plakat_245Notes en vrac à la fin de la lecture de ce roman de Muriel Barbery : de bonnes chances que je vote pour lui au concours des lecteurs de l' Armitière...

« …Désormais, je traquerai les toujours dans le jamais. » Cette phrase énigmatique qui termine l’élégance du hérisson de Muriel Barbery, traduit tout l’objectif du beau récit des "aventures" Renée, concierge certes. 

Beaucoup de thèmes, des prétentions à philosopher : pour une concierge c’est un peu fort. Evidemment c’est éxagéré, comment une concierge pourrait elle cacher une telle élévation de la réflexion? Une telle exigence grammaticale? Une telle morgue vis à vis de ces employeurs éminemment plus autorisés qu’elle à parler ? Sans oublier leurs rejetons, encore plus ségrégationnistes sous oripeaux révoltés.

Et bien justement la supériorité intellectuelle de la concierge, c’est la trame du livre. Et son élégance, c’est de ne pas la révéler, de jouer son rôle de concierge, mal fagotée, laide, acariâtre. Mais nous ne sommes pas forcément ce que sont nos apparences. Dans cet immeuble bourgeois du 16° les gens nobles ne sont pas les plus riches mais la femme de ménage et la concierge. Et puis aussi un riche japonais, sinon on tomberait dans la caricature. Les riches peuvent être nobles aussi.

Une charge féroce contre les thèses universitaires inutiles : Colombe travaille sur la théologie de Guillaume d’ Ockham, franciscain et penseur du XIV° siècle, La thèse évoque une querelle entre les tenants de l’universalité et ceux de la particularité. On peut aussi présenter Guillaume d’ Ockham comme un opposant au pape Jean XXII  pronant la pauvreté franciscaine contre les excés de l’église. Mais Colombe ne peut s’intéresser à cet aspect du personnage et Muriel Barbery le passe sous silence.

Le premier roman de Muriel Barbery s’appelle "une gourmandise". Il évoque la vie d’un critique gastronomique. Il y a aussi un critique gastronomique dans « l’élégance du hérisson », Jean Arthens meurt et la famille cède son appartement à Kakuro Ozu.

Il ya tant de choses dans ce livre, constitué de très courts chapitres, alternant les voix de Renée et de Paloma. Le récit de Renée est linéaire, parfois les notes de Paloma renvoient aux évènements de l’immeuble rapportés par Paloma. Cela incite à lire la suite. Le procédé est très plaisant et j’ai apprécié la rapidité des chapitres. En outre dans la table des matières on retrouve des titres pour chacun et ça j'aime. On est très loin des romans avec « livre 1 » et « livre 2 », interminables.

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Le blog de Muriel Barbery présente la reproduction de la nature morte que Renée contemple dans l’entrée de Kakuro. On y trouve de nombreuses références au Japon, fascination pour l’auteur, visiblement.

http://muriel.barbery.net/